Google encourage les jeunes de 13 ans à désactiver le contrôle parental le jour de leur anniversaire

Le géant de la technologie contacte directement les enfants pour leur suggérer de désactiver les paramètres de sécurité et les limites d’utilisation des applications
Source : The Telegraph, « Google urges 13-year-olds to ditch parental controls on their birthday », James Titcomb, 14 janvier 2026.
Google a été accusé de « conditionner » des enfants à des fins lucratives en envoyant des courriels aux moins de 13 ans pour leur expliquer comment désactiver les contrôles parentaux à leur prochain anniversaire.
Le géant d’internet a été accusé de contourner les parents en contactant les enfants avant leurs 13 ans pour leur annoncer qu’ils pourraient bientôt désactiver des paramètres comme les filtres de sécurité et les limites d’utilisation des applications. Face aux critiques, l’entreprise a annoncé qu’elle exigerait désormais l’approbation des parents avant que ces contrôles puissent être levés.
Google permet aux enfants d’avoir un compte dès la naissance, à condition qu’il soit créé et géré par un parent. Les parents peuvent bloquer les contenus pour adultes dans les recherches, consulter l’historique de navigation de leurs enfants, et contrôler le temps d’écran ainsi que les téléchargements d’applications sur les téléphones Android.
Ces paramètres sont toutefois facultatifs pour les enfants de plus de 13 ans. Dans la période précédant le 13e anniversaire d’un enfant, Google envoyait un courriel à la fois à l’enfant et au parent pour les informer que l’enfant pourrait bientôt désactiver ces réglages.
Melissa McKay, présidente du Digital Childhood Institute, un organisme de sécurité en ligne, a vivement critiqué cette pratique après avoir constaté que Google avait écrit à son fils.
« Une entreprise valant mille milliards de dollars contacte directement chaque enfant pour lui dire qu’il est assez vieux pour “s’affranchir” de la supervision parentale. Le courriel explique comment l’enfant peut lui-même supprimer ces contrôles, sans le consentement ni la participation des parents. Google s’arroge une autorité sur une limite qui ne lui appartient pas. Il recadre les parents comme un inconvénient temporaire dont on finit par se débarrasser, et positionne les plateformes d’entreprises comme le substitut naturel. Appelons les choses par leur nom : c’est du conditionnement pour favoriser l’engagement. Du conditionnement pour collecter des données. Du conditionnement de mineurs à des fins lucratives. »
Les conservateurs ont accusé Google de chercher à « établir une relation directe » avec les enfants.
« Cela montre bien à quoi les parents font face quand il s’agit d’accompagner leurs enfants dans le monde numérique, a déclaré Julia Lopez, secrétaire d’État à la technologie pour l’opposition. Ce n’est plus simplement une question d’être un parent vigilant et ferme quand des entreprises technologiques tentent d’établir un lien direct avec votre enfant en contournant vos contrôles. C’est pourquoi mon parti est désormais d’avis que l’âge du consentement numérique devrait être porté à 16 ans pour les réseaux sociaux. Nous devons établir des règles simples et des balises claires dans le monde en ligne. »
Rani Govender, de la Société nationale pour la prévention de la cruauté envers les enfants, a pour sa part déclaré : « Chaque enfant se développe différemment, et ce sont les parents et les tuteurs qui devraient décider avec leur enfant du bon moment pour modifier les contrôles parentaux, et de la façon dont ils souhaitent aborder cette transition en famille. Laisser les enfants prendre des décisions dans des environnements où la désinformation est omniprésente, où les identités des utilisateurs sont inconnues et où des situations à risque surviennent régulièrement peut les exposer à de réels dangers. »
Katie Boyd Britt, sénatrice républicaine de l’Alabama, a quant à elle affirmé : « Ce sont les parents — et non les entreprises — qui devraient avoir ces conversations avec leurs enfants. Il est temps d’adopter des lois qui protègent nos enfants en ligne et qui redonnent aux parents les rênes. »
En réponse aux critiques, Google a annoncé qu’il mettrait à jour ses paramètres afin que les parents doivent également approuver la désactivation des contrôles.
« Dans le prolongement de notre engagement envers la sécurité des familles, nous procédons à une mise à jour planifiée pour exiger l’approbation formelle des parents avant qu’un adolescent puisse quitter un compte sous supervision, a indiqué un porte-parole. Ces modifications visent à mieux garantir que les protections restent en place jusqu’à ce que le parent et l’adolescent se sentent tous deux prêts pour la prochaine étape. Cela s’appuie sur notre pratique existante d’envoyer un courriel au parent et à l’enfant avant tout changement, afin de favoriser les discussions en famille sur la transition du compte. »
L’entreprise a précisé que les enfants de plus de 13 ans pourraient toujours créer de nouveaux comptes sans contrôles parentaux. Treize ans est l’âge minimum auquel une personne peut consentir au traitement de ses données au Royaume-Uni et aux États-Unis. En France, cet âge est fixé à 15 ans, et à 16 ans en Allemagne.
Les libéraux-démocrates ont réclamé que l’âge du consentement au traitement des données soit relevé de 13 à 16 ans, tandis que les conservateurs ont récemment appelé à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans.
Meta, propriétaire de Facebook et Instagram, impose désormais par défaut des profils « ados » aux comptes des moins de 18 ans, avec supervision parentale, à la suite d’une vague de critiques concernant la sécurité des adolescents.

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