Résumé en français de l’article Le libere donne di Magliano: perché dovremmo rileggere la storia della psichiatria femminile de L’Espresso (10 mars 2026), par Lucia Cimini.

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En mars 2026, la RAI diffuse une série adaptée du roman Le libere donne di Magliano (1953) de Mario Tobino, interprété à l’écran par Lino Guanciale. L’article de Lucia Cimini saisit l’occasion pour revenir sur ce que cette œuvre révèle de la psychiatrie italienne et de la condition féminine.

Tobino était à la fois psychiatre, poète et romancier. Pendant plus de quarante ans, il a travaillé à l’hôpital psychiatrique de Maggiano, près de Lucques, et son roman autobiographique est né de son immersion dans le pavillon des femmes. Bien avant les réformes de Basaglia et la célèbre loi 180 de 1978, il dénonçait de l’intérieur les dérives d’un système qui prétendait soigner mais qui, souvent, enfermait.

Car l’hôpital psychiatrique n’était pas seulement un lieu de soin : il fonctionnait aussi comme un instrument de contrôle social, particulièrement dirigé contre les femmes. L’article rappelle des cas devenus emblématiques : Ida Peruzzi, épouse de l’écrivain Emilio Salgari, internée en 1911 avec le diagnostic d’« érotisme physiologique exagéré », ne sortira jamais de l’asile ; Ida Dalser, qui revendiquait son union avec Mussolini, fut internée par le régime fasciste et mourut en 1937. Derrière ces noms connus se cachent des milliers d’autres femmes enfermées non pour leur état mental, mais pour leur pauvreté, leur solitude, leur rébellion, leur sexualité, ou simplement parce qu’elles ne correspondaient pas aux rôles que la société attendait d’elles.

Relire Tobino aujourd’hui, c’est mesurer à quel point il était facile, à cette époque, de transformer une femme « dérangeante » en femme « folle ». La série est l’occasion de ne pas oublier.