La censure à bas bruit
La censure à bas bruit, Le Devoir (28 août 2026), par Patrick Moreau.
Le chroniqueur part de la censure cléricale d’avant la Révolution tranquille (jamais inscrite dans la loi, mais efficace) pour décrire ce qu’il juge être son équivalent contemporain. Son point de départ est un cas précis : Marie-Madeleine Raoult, directrice des Éditions de la Pleine lune, se serait vu refuser un texte par la revue littéraire LQ parce que sa maison publie Une femme est une femme est une femme, un collectif dirigé par Thérèse Lamartine et France Théorêt qui conteste la théorie du genre; deux librairies auraient aussi renoncé à accueillir le lancement. Moreau y voit une censure « à bas bruit » venue du milieu littéraire lui-même et rappelle que, à son avis, il n’existe pas de censure progressiste : on répond à un livre par des contre-arguments, pas en l’effaçant des rayons.