Maltais, André

Éditeur : Pierre tisseyre

André Maltais a grandi sur la Côte-Nord. Il a été sous-ministre aux Affaires autochtones du Québec pour le gouvernement Bourassa pendant plusieurs années, puis négociateur fédéral en chef pour des dossiers concernant les communautés attikameks et innues pendant une décennie.

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Présentation de l’éditeur

Lecture essentielle pour tout comprendre sur la question autochtone, cet ouvrage bien vulgarisé, qui vise le grand public, décortique clairement les grands enjeux d’aujourd’hui. André Maltais livre ici le fond de sa pensée sur le «problème autochtone» qui hante ce pays depuis sa fondation. Tout en donnant une évaluation critique, non-partisane et sans complaisance de l’impasse actuelle, Le réveil de l’aigle est avant tout un vibrant plaidoyer pour le changement, offrant une vision novatrice et réaliste, assortie de solutions concrètes, où se dessine un avenir possible basé sur la réconciliation, le respect mutuel, la responsabilisation et le partage équitable de la richesse.

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Entrevue à Radio-Canada

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Critique

Didier Fessou, Le Soleil

Rédigé dans un style énergique et imagé, Le Réveil de l’Aigle est le point de vue d’un homme réputé pour son franc-parler et son indépendance d’esprit: «En écrivant ce livre, je voulais témoigner. Pour moi, c’est simple : la question autochtone est un projet politique digne d’un pays comme le Canada alors qu’on en a fait un marécage juridique. Les réserves sont devenues un lieu d’enfermement de la pensée et de l’action.»

Ce livre courageux permet de cerner les tenants et les aboutissants d’un contentieux, la question autochtone, qui résulte d’un conflit colonial non résolu.

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L’équipe du Kiosque a publié  Le Printemps indien.

Introduction

Cinq siècles de présence blanche, les guerres, les épidémies ont laissé des cicatrices profondes : des tribus ont disparu. D’autres ont été dispersées aux quatre coins de l’Amérique, toutes ont changé. Mais les Blancs ne sont pas venus à bout de la résistance des premiers Américains. Les Indiens sont encore là. Présentée d’abord comme une bénédiction, puis comme un devoir et enfin comme un droit, l’assimilation aux Blancs est, encore aujourd’hui, rejetée par l’immense majorité des Indiens d’Amérique. Ils paient le prix fort pour ce refus : mépris, racisme, exploitation généralisée, le niveau de vie le plus bas de tous, partout en Amérique. À tous les vingt ans, on annonce leur fusion inévitable dans le monde merveilleux des Blancs. Chaque fois, il faut constater que c’est un échec; qu’on n’a réussi, au mieux, qu’à créer des ghettos indiens dans les villes blanches. Aujourd’hui, on n’ose d’ailleurs plus parler d’assimilation.

L’hiver blanc a été long, plusieurs siècles; mais déjà le continent américain bouge, la renaissance s’amorce, le printemps indien est arrivé.

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Extrait

L’Étau

Au nord et à l’ouest du territoire officiellement indien de l’Oklahoma, trente millions de bisons broutent alors la plaine herbeuse qui s’étend du Canada au Mexique. Avant l’arrivée des Espagnols, les Indiens des Plaines chassaient le bison à pied; à la suite de la révolte des Pueblos, en 1680, ils domestiquent les chevaux espagnols qui s’étaient échappés et étaient retournés à l’état sauvage, d’où leur nom de mustangs — de l’espagnol mestengo, sauvage —. Sans ennemis naturels, les troupeaux de mustangs atteignent plusieurs dizaines de millions de têtes dans les herbes grasses des Plaines.

Sans selles et sans étriers, les Sioux, les Comanches, les Navajos, les Apaches, les Cheyennes et bien d’autres tribus élaborent au XIXe siècle une culture fondée essentiellement sur le cheval et le bison. Le bison en est l’élément vital ; il fournit tout : nourriture, vêtements, tentes, combustible, corde, colle, fil à coudre, lassos, etc. Des tribus qui viennent de souches très différentes adoptent ce nouveau mode de vie et s’établissent définitivement dans les Plaines. Elles développent, pour communiquer entre elles, un langage par signes qui est compris d’un bout à l’autre de la Prairie. Toutefois, dès le début, ces Indiens doivent protéger leur territoire et leur nourriture contre la compétition grandissante des nouveaux déportés qui sont refoulés par les Blancs. Aussi, les tribus des Plaines sont-elles sur un pied de guerre permanent; elles développent une éthique guerrière et une habileté militaire considérable. Entre ces tribus de cavaliers, la guerre devient aussi rituelle que les combats de chevaliers du Moyen Age. On ne combat pas pour tuer, mais pour accomplir des exploits qui sont classés suivant les dangers qu’ils comportent. Mais les guerriers doivent faire face à des envahisseurs qui se préoccupent fort peu d’un code des procédures de combat.