Mort d’un homme à femmes un peu trop direct. Les secrets de la nécrologie.
Le Daily Telegraph, le Times, The Economist ont leurs « obits » attitrés. Ceux-ci étaient traditionnellement obséquieux et flatteurs jusqu’au milieu des années 80 ; ils sont devenus plus critiques le cas échéant mais l’esprit de litote demeure, du moins sous les plumes anglaises car aux Etats-Unis, le respect pour le mort prime de même que l’évitement des sujets qui fâchent. Sous leur plume un violeur compulsif est évoqué comme « un homme à femmes un peu trop direct ». Ils ne disent pas que le défunt était ennuyeux mais qu’on se souviendra de lui comme d’« un infatigable raconteur ». S’il était homosexuel croyant et pratiquant, le mot n’est pas imprimé mais chacun comprend si l’on précise qu’« il ne s’était jamais marié » ou qu’il était « un célibataire endurci ». Les obits sont devenus si populaires que des romanciers les ont croqués en personnages.

