C’est en se concentrant sur ses victimes réduites au silence, explique cette journaliste tenace du Miami Herald, qu’elle a pu contribuer à traduire en justice ce milliardaire délinquant sexuel

Source : The Guardian, « Meet Julie K Brown, the woman who brought down Jeffrey Epstein », Andrew Anthony, 25 juillet 2021. Republié sur OurDailyRead.


La ville de Palm Beach, en Floride, comme l’a un jour fait remarquer l’auteur de romans policiers Carl Hiaasen, est l’un des rares endroits en Amérique où l’on peut encore se promener en Rolls-Royce décapotable sans que personne ne ricane. C’est une île imperméable à l’ironie, peuplée de millionnaires et de célébrités, de chirurgiens plastiques et, bien sûr, de l’ancien président américain Donald Trump, qui règne en maître depuis son ostentatoire resort Mar-a-Lago.

Satellite de Miami, l’île se targue de ses nombreux galas de bienfaisance, mais aucune bonne œuvre ne peut dissiper l’odeur de corruption qui flotte dans l’air subtropical. Si l’argent parle partout, à Palm Beach il s’exprime avec une autorité tranquille que l’on n’ose guère remettre en question. Jamais cette réalité n’a été illustrée de façon plus flagrante que dans l’affaire du mystérieux financier et délinquant sexuel Jeffrey Epstein.

En 2008, Epstein a été emprisonné après avoir plaidé coupable à une accusation de proxénétisme impliquant une mineure. C’était l’aboutissement d’une enquête de trois ans, d’abord menée par des autorités étatiques, puis fédérales. La police locale avait recueilli des preuves qu’Epstein avait sexuellement contraint et abusé des dizaines de jeunes femmes et filles, certaines âgées de seulement 13 ou 14 ans. Des témoignages de viol avaient également été recueillis.

Pourtant, tout au long du processus, le parquet avait semblé réticent à traduire Epstein en justice, et la police avait toujours un pas de retard sur sa cible. Epstein semblait même avoir été prévenu de son arrestation imminente : quand les policiers se sont présentés à sa villa de Palm Beach, six disques durs d’ordinateur avaient déjà été retirés, de même que les enregistrements du système de vidéosurveillance. La police n’a jamais pu accéder à ces éléments potentiellement déterminants.

La Floride est réputée pour la sévérité de son système carcéral et la longueur de ses peines. Pour les crimes qui lui étaient reprochés, Epstein aurait pu écoper de 20 ans dans un pénitencier dominé par des gangs. Il a finalement écopé d’une peine de 18 mois, dont il n’en a purgé que moins de 13 dans une aile privée de la prison du comté. Il a obtenu l’immunité pour lui-même et quatre assistants pour toute accusation connexe, bénéficié d’une libération de jour pendant laquelle son propre chauffeur le conduisait à son bureau, et le soir, il avait la permission de dormir porte ouverte. Il avait également accès à une salle de détente avec télévision.

Comment s’en est-il tiré aussi bien? Comment a-t-il pu réintégrer son univers doré, entouré d’amis milliardaires et de célébrités, sans aucun véritable stigmate attaché à son nom? Ce sont les questions que Julie Brown, une journaliste d’enquête surchargée de travail et sous-payée au Miami Herald, ne cessait de se poser vers la fin de 2016.

« Je voulais faire un reportage sur la traite des personnes, dit-elle lors d’un appel Zoom depuis New York. Mais chaque fois que je cherchais “Floride” et “traite des personnes” sur Google, un article sur Jeffrey Epstein apparaissait. »

En approfondissant ses recherches, elle a réalisé à quel point les autorités s’étaient pliées en quatre pour accommoder Epstein et sa pléiade d’avocats bien payés. Bien qu’elles aient apparemment eu suffisamment de preuves pour l’inculper de crimes bien plus graves, elles lui avaient offert un « arrangement de faveur » sur une accusation relativement mineure. Le travail acharné de Brown a conduit à la publication, en 2018, d’une série en trois volets dans le Herald sur Epstein, ce qui allait inciter les autorités fédérales à rouvrir l’enquête et à arrêter le financier.

Comme le monde entier le sait, en août 2019, Epstein est mort au sombre Metropolitan Correctional Center de New York — que ce soit de sa propre main ou d’une autre demeure l’objet de nombreuses spéculations. Son ex-petite amie et assistante sociale, Ghislaine Maxwell, a finalement été retrouvée dans sa cachette du New Hampshire et inculpée de crimes connexes.

Julie Brown raconte l’intégralité de cette sordide histoire dans son livre tout juste paru, Perversion of Justice, avec une précision qui captive le lecteur. Pourtant, tout ce qui précède aurait semblé pure fiction quand elle a commencé ses recherches. Au départ, ses rédacteurs en chef ne manifestaient guère d’intérêt pour ce qui était, à leurs yeux, une vieille histoire; elle était par ailleurs sous pression pour se consacrer à son domaine de prédilection, le système carcéral notoirement défaillant de la Floride.

« Le crime a été minimisé dès le début, et je suis certaine que les gens de Trump estimaient que tout ça remontait à loin et n’était pas bien grave. »

Peu après, le nouveau président Donald Trump a nommé Alexander Acosta au poste de secrétaire du Travail dans son administration — un poste dont les responsabilités incluaient la lutte contre la traite des personnes. Or Acosta avait été procureur fédéral pour le district sud de la Floride, fonction dans laquelle il avait approuvé le très avantageux accord de plaidoyer d’Epstein, allant même jusqu’à rencontrer en secret l’avocat principal de ce dernier dans un hôtel à quelque 110 kilomètres de son bureau.

Brown, femme vive et directe à la fin de la cinquantaine, ne doute pas que les proches de Trump — et presque certainement Trump lui-même — étaient au courant du rôle controversé d’Acosta dans la clémence dont avait bénéficié Epstein.

« Absolument, dit-elle. Mais cela s’inscrit dans le schéma de toute l’histoire. Le crime a été minimisé dès le début, et je suis certaine que les gens de Trump estimaient que tout ça remontait à loin et n’était pas bien grave. Ils n’ont jamais compris la gravité et l’ampleur de ses crimes. »


Beaucoup de journalistes s’étaient déjà attaqués à l’affaire Epstein sans aller bien loin. L’ancien chef de la police de Palm Beach, Michael Reiter, et l’enquêteur principal, Joe Recarey, en avaient assez des demandes de presse, tellement ils étaient habitués à accorder des entretiens qui n’aboutissaient jamais à quoi que ce soit. Comme Reiter l’a dit à Brown, les journalistes commençaient à travailler sur l’affaire Epstein pour finir mutés au service immobilier du journal.

Ces deux solides policiers de carrière se sentaient profondément trahis par les procureurs. Leur désillusion n’était rien, cependant, comparée à celle des nombreuses victimes d’Epstein qu’ils avaient interrogées, et qu’ils avaient souvent convaincues, malgré leurs réticences, que leur agresseur serait convenablement puni. Dans les faits, les filles ont fréquemment été soumises à un interrogatoire intense et intrusif de la part de la légion d’avocats d’Epstein, qui ont épluché leur passé sexuel avec une menace chirurgicale, cherchant à les dépeindre comme des prostituées d’expérience en quête d’argent. Epstein lui-même n’a pratiquement pas eu à répondre à des questions.

C’est donc vers ces femmes oubliées que Brown s’est tournée. Mais la démarche n’était pas simple : presque toutes bénéficiaient d’un anonymat protecteur — désignées dans les dossiers de police sous les noms de « Jane Doe 1 », « Jane Doe 2 », etc. Il lui faudrait déployer un travail journalistique acharné pour percer leur identité, retrouver leur trace, puis les convaincre de parler.

Brown a essuyé une série de revers qui auraient découragé quiconque n’aurait pas été aussi déterminé à aller jusqu’au bout. Originaire de Philadelphie, c’était une journaliste chevronnée qui avait passé la dernière partie de sa carrière dans un secteur en crise, où internet avait balayé l’ancien modèle économique et, avec lui, les salaires des journalistes. Mère célibataire de deux enfants qu’elle devait payer pour les études, elle était en permanence dans les dettes et se débattait chaque semaine pour garder la tête hors de l’eau.

« Ghislaine Maxwell était véritablement la cerveau de tout le système pyramidal qu’il avait mis en place. »

Cadette de trois enfants, Brown a elle-même grandi dans une famille monoparentale, ce qui lui a valu d’être ostracisée et victime d’intimidation par ses pairs. Sa mère occupait deux emplois et était rarement à la maison, laissant sa fille, une élève brillante, écrire des nouvelles primées. Elle a ensuite dirigé le journal de son école secondaire, mais a perdu ce poste à la suite de difficultés personnelles. Ses épreuves de jeunesse lui ont laissé une sympathie naturelle pour les laissés-pour-compte.

« J’ai quitté la maison à 16 ans, dit-elle. J’ai toujours eu de la détermination, et ça m’a certainement aidée à traverser bien des moments difficiles dans ce métier, quand je devais faire de la restauration les fins de semaine. »

Elle avait postulé à plusieurs reprises dans des journaux plus prestigieux, comme le Washington Post, sans jamais franchir la dernière étape. Elle cherchait en partie à partir par crainte d’être mise à pied. Mais les choses ont fini par se retourner en sa faveur. Les révélations sur le producteur de cinéma Harvey Weinstein en octobre 2017 et la montée du mouvement #MoiAussi ont transformé les perceptions culturelles et ont permis à Brown d’obtenir le plein appui de la direction du Herald pour son enquête.

Même alors, le travail a été un marathon : il lui a fallu éplucher des montagnes de documents juridiques dans lesquels des informations cruciales étaient enfouies, tout en sillonnant le pays pour convaincre les accusatrices d’Epstein de témoigner à visage découvert. Elle a finalement retrouvé plus de 60 femmes affirmant avoir été victimes d’abus. Beaucoup de ces filles venaient de milieux défavorisés, ayant vécu l’itinérance ou la violence familiale avant de rencontrer Epstein, et avaient ensuite sombré encore plus bas.

Le cas de Courtney Wild est assez représentatif : ancienne élève brillante avec un lourd passé familial, elle affirme avoir été abusée sexuellement d’innombrables fois par Epstein et son entourage à partir de l’âge de 14 ans.

« Jeffrey Epstein s’en prenait aux filles sans abri, dépendantes aux drogues. Il ne victimisait pas des championnes olympiques ou des actrices hollywoodiennes. Il victimisait des gens dont il pensait que personne n’écouterait jamais la parole. Et il avait raison. »

Elle a commencé à recruter d’autres filles, touchant jusqu’à 400 dollars par référence. Un problème psychologique particulier, rapporté par de nombreuses victimes, était qu’Epstein avait instauré une sorte d’arnaque de Ponzi sexuelle : les filles étaient payées pour amener d’autres filles, pour alimenter son appétit insatiable pour de nouvelles « masseuses ». Ainsi, à la culpabilité liée à leurs propres actes s’ajoutait celle d’avoir entraîné d’autres dans le même piège.

À 17 ans, Epstein avait perdu tout intérêt pour Courtney Wild. Comme beaucoup de filles qui étaient passées par sa villa de Palm Beach, elle a dérivé vers la drogue et s’est retrouvée en prison.

Selon divers témoignages, les adolescentes étaient souvent recrutées par Ghislaine Maxwell, fille du défunt et controversé magnat de la presse Robert Maxwell.

« Elle était véritablement la cerveau de tout le système pyramidal qu’il avait mis en place, dit Brown. Elle se rendait dans des spas et distribuait des cartes en disant qu’elle avait un bienfaiteur très riche qui allait aider les filles pour leurs études, en faire des mannequins, toutes ces promesses. »

Tout ce que les filles avaient à faire, leur disait-on, c’était de masser ce généreux bienfaiteur. Aucune expérience ni formation en massage n’était requise.


Brown a essuyé plusieurs faux départs avant d’obtenir sa première percée pour convaincre ces femmes de parler. L’un de ces désappointements est survenu quand l’une des principales recruteuses d’Epstein lui a dit qu’elle acceptait de témoigner. Un rendez-vous a été fixé, mais la jeune femme ne s’est jamais présentée et, après une série d’excuses dilatoires, a disparu de la circulation.

Beaucoup de filles exprimaient des craintes quant à ce qu’Epstein pourrait leur faire, affirmant que lui ou Maxwell les avait mises en garde de rester silencieuses. Comment Brown évalue-t-elle le niveau de menace que représentaient les détectives privés et gardes du corps qu’Epstein employait pour le protéger?

« Ils pensaient simplement que j’étais une petite reporter du Miami Herald qui revenait sur la même vieille histoire. »

« Je pense qu’ils étaient extrêmement dangereux, dit-elle. Nous ne savons pas vraiment jusqu’où il est allé pour intimider ceux qui cherchaient à le dénoncer. Mais nous savons qu’il y avait beaucoup de gens qui avaient peur et qui estimaient qu’il était capable de commettre des actes vraiment graves. »

Brown, pour sa part, affirme n’avoir jamais personnellement eu l’impression d’être menacée.

« J’ai informé ses avocats de ce que je faisais. J’ai envoyé des lettres recommandées à tout le monde. J’ai frappé à la porte d’Epstein. Personne ne m’a répondu, sauf [l’avocat d’Epstein, Alan] Dershowitz. Je pense que c’est parce qu’ils m’ont sous-estimée. Ils pensaient simplement que j’étais une petite reporter du Miami Herald qui revenait sur la même vieille histoire. »

Contrairement à la plupart des autres journalistes, elle ne cherchait pas à exploiter les liens avec Bill Clinton (les deux hommes avaient voyagé ensemble pendant un mois en Afrique dans le cadre d’une mission caritative) ou avec Trump, qui connaissait Epstein depuis de nombreuses années et avait publiquement salué en 2002 son goût pour les femmes. Brown était au courant de toutes ces histoires impliquant des célébrités, mais c’est le sort des personnes négligées — ces filles transportées en va-et-vient dans sa villa, vers son île privée, et parfois aux quatre coins du monde dans son jet privé — qui l’intéressait avant tout.

Le livre est dédié à toutes les « survivantes » d’Epstein, en particulier Michelle Licata, Courtney Wild, Virginia Giuffre et Jena-Lisa Jones. De ces noms, le plus connu est celui de Giuffre, qui a affirmé avoir eu des relations sexuelles avec le prince Andrew, sur instruction de Maxwell, amie du duc d’York. Une photographie désormais tristement célèbre montre le fils de la reine le bras autour de la taille de Giuffre, apparemment prise dans la maison londonienne de Maxwell. Le prince a utilisé des proches pour jeter le doute sur cette photographie et a déclaré n’avoir aucun souvenir d’avoir rencontré Giuffre. Que pense Brown des affirmations de cette dernière?

« Je la crois, dit-elle. Notamment parce que le mode opératoire qu’elle décrit est corroboré par d’autres victimes. »

Elle reconnaît que certaines dates mentionnées par Giuffre ne correspondent pas aux archives — elle a par exemple indiqué avoir rencontré Maxwell un an avant la date réelle — mais Brown soutient qu’il s’agit d’erreurs mineures, du genre que les gens font souvent en se remémorant des événements passés. « Cela ne signifie pas que ça n’a pas eu lieu », dit-elle.

L’un des critiques les plus virulents de Giuffre, et quelqu’un qui s’en est également pris à Brown — allant jusqu’à écrire une lettre au comité du prix Pulitzer pour lui demander de ne pas la considérer pour le prix — est l’avocat d’Epstein, le professeur de droit à Harvard Alan Dershowitz. Giuffre a affirmé que Dershowitz était l’un des hommes avec qui elle avait été contrainte d’avoir des relations sexuelles sur instruction d’Epstein, ce que l’avocat nie catégoriquement.

« C’est un pitbull », dit Brown.

Elle dit avoir d’abord essayé de lui témoigner de la sympathie, car il était évidemment pénible d’être accusé d’abus sexuels. Mais ses attaques étaient si agressives qu’elle a fini par renoncer. Dershowitz faisait partie d’une équipe juridique imposante, comprenant notamment Kenneth Starr — l’ancien procureur indépendant moralisateur qui avait traqué Bill Clinton au sujet de ses mœurs sexuelles — et qui était impitoyable dans la recherche d’avantages pour Epstein.

Mais ce qui préoccupe davantage Brown, c’est ce que le parquet lui-même faisait pour miner sa propre cause.

« L’un des procureurs du bureau du procureur américain de Palm Beach n’était pas officiellement assigné à l’affaire Epstein, mais en savait suffisamment sur elle. Il a quitté ce bureau un jour pour ouvrir son propre cabinet dans les locaux des avocats de Jeffrey Epstein, et a commencé à représenter les employés d’Epstein. »

À la connaissance de Brown, aucune de ces anomalies apparentes n’a fait l’objet d’une enquête sérieuse. Son livre laisse une forte impression que les procureurs étaient bien plus soucieux de trouver une issue satisfaisante pour Epstein que d’obtenir justice pour ses victimes. Le parquet n’a pas informé les victimes des détails de l’accord de plaidoyer conclu avec les avocats d’Epstein — ce qu’un juge fédéral a jugé contraire à l’obligation légale, bien qu’Acosta le nie.


Le 18 novembre 2018, le Miami Herald a publié l’enquête cinglante de Brown; huit mois plus tard, Epstein était arrêté par la Brigade des crimes contre les enfants du FBI et du NYPD. Six jours après, Acosta démissionnait de son poste de secrétaire du Travail. Et le 10 août 2019, Epstein était retrouvé mort dans sa cellule de la prison de Manhattan, alors qu’il était supposément sous surveillance pour risque suicidaire.

Brown est loin d’être convaincue qu’Epstein se soit suicidé. Elle pointe notamment un accord secret — une caractéristique suspecte qui traverse tout ce drame — conclu entre les autorités et les gardiens négligents, ainsi que le fait que le médecin légiste n’a publié aucun des documents liés à la mort d’Epstein.

« C’était un homme qui n’attachait même pas ses lacets lui-même, dit-elle. Il avait des majordomes pour tout. L’idée qu’il aurait pu faire quelque chose comme ça tout seul — en se brisant trois os — me paraît tout simplement inconcevable. »

La mort d’Epstein a laissé Maxwell sans protecteur puissant. Après s’être retirée de la société, elle a été arrêtée en juillet 2020 et détenue depuis sans caution dans l’unité d’hébergement spécial du Metropolitan Detention Center de New York. Maxwell nie tout acte criminel.

Mais ce qui préoccupe peut-être Brown plus que tout, c’est la facilité avec laquelle Epstein a été réintégré dans la haute société après sa sortie de prison, alors qu’il était inscrit au registre des délinquants sexuels.

« C’est le thème central de mon livre, dit-elle. Ces gens-là vivent dans un monde à part. Quelqu’un m’a appelée — il était à une soirée cocktail à Hollywood, Californie. Des membres de l’entourage d’Epstein étaient là et le défendaient. Il y a encore beaucoup de gens qui pensent que les filles savaient dans quoi elles s’embarquaient et qu’elles revenaient pour l’argent. Il y a encore des gens qui pensent que ce qu’il a fait n’était pas si grave. »

Et Brown elle-même? Le grand saut vers un journal plus prestigieux et mieux financé s’est-il finalement matérialisé? Une série HBO sur l’affaire est en projet, mais elle dit n’avoir reçu aucune offre d’emploi de haut profil ailleurs. Elle ne sait pas si elle continuera à travailler au Miami Herald, mais elle ne s’inquiète plus de perdre son emploi. Une chose est certaine : la Floride est un État rempli d’inégalités et d’injustices, et c’est ce qui retient son attention.

« Si je continue à travailler dans le journalisme écrit, ce sont ces histoires-là que je veux continuer à raconter. »