L’autorité de facto de l’Afghanistan a légalisé les violences basées sur le genre depuis 2021, réduisant de facto les mères, filles et épouses à des objets appartenant à un mari ou à un « maître », sans accès à un procès équitable pour les abus subis.

« The Taliban’s new penal code », EL PAÍS, 25 février 2026 (en anglais).

Des femmes en burqa avec leurs enfants à Hérat, en Afghanistan
Crédit photo : Marius Arnesen / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 2.0

Résumé:

L’Afghanistan a adopté discrètement un nouveau code pénal de 119 articles qui légalise la violence contre les femmes et la présente comme un outil de discipline sociale. Ce texte autorise un mari à battre sa femme avec une peine maximale de 15 jours de prison — contre cinq mois pour maltraitance d’un chameau — et utilise littéralement les termes « maître » et « esclave » pour décrire la relation homme-femme. Une femme qui se rend chez son père sans permission peut être emprisonnée trois mois, tandis que tout musulman témoin d’un « péché » est autorisé à infliger une punition corrective sur-le-champ. Ce code s’inscrit dans une série de plus de 130 édits talibans depuis 2021, qui excluent 80 % des femmes du travail et de l’éducation, conduisant l’ONU à qualifier la situation d’apartheid de genre.

La réaction internationale reste quasi inexistante, ce qui suscite la colère des défenseuses des droits afghans. Une responsable de l’ONU a même visité Kaboul deux jours après l’adoption du texte sans y faire allusion. Fawzia Koofi, ancienne parlementaire afghane, dénonce des alliés qui « ignorent complètement » le sort des femmes afghanes, tandis que les organisations de droits humains appellent la communauté internationale à utiliser tous les instruments juridiques disponibles pour empêcher l’application de ce code. La question de la présence de l’ONU en Afghanistan reste néanmoins épineuse : un retrait priverait d’aide humanitaire un pays où 40 % de la population vit dans l’extrême pauvreté.