Résumé de l’article Le Québec, la société la moins américaine d’Amérique du Nord du Devoir (5 février 2026), par Rémi Francoeur, Franco-Américain, analyste politique et ancien directeur de campagnes politiques au New Hampshire.

Le drapeau du Québec
Le fleurdelisé

Installé à Montréal depuis 2015, Rémi Francoeur vient du New Hampshire, un État sans impôt sur le revenu ni taxe de vente, à l’ADN profondément libertarien. C’est précisément ce contraste qui l’amène à un constat saisissant : à l’heure où le président américain s’amuse à évoquer un Canada « 51e État », le Québec est, sur les plans social, culturel et politique, la société qui ressemble le moins au modèle américain dominant.

Les preuves s’accumulent : la majorité des Québécois ne se marient pas, et depuis 1981, les femmes conservent leur nom de naissance ; la religion joue un rôle marginal dans l’espace public, alors qu’elle demeure un moteur central du débat électoral américain ; l’université y est parmi les plus abordables du continent, loin de l’endettement étudiant massif des États-Unis ; le réseau universel de services de garde a longtemps été unique en Amérique du Nord et a propulsé la participation des femmes au marché du travail ; le Québec a été la première province à légaliser l’aide médicale à mourir ; et payer ses impôts y est généralement perçu comme une contribution normale à la société — tandis qu’au New Hampshire, leur absence est une fierté identitaire, payée au prix d’infrastructures fragiles et d’un filet social minimal.

À ceux qui se disent indépendantistes « à condition » que le Québec devienne un État résolument progressiste, l’auteur répond que, comparé au reste du continent, il l’est déjà largement : une société distincte, profondément non américaine dans ses valeurs, ses institutions et ses choix collectifs. « Ce n’est pas un slogan. C’est un constat. »