L’école à trois vitesses : la grande trahison de l’égalité des chances
L’école à trois vitesses : la grande trahison de l’égalité des chances, Journal de Montréal (18 août 2026), par Joël Boucher, retraité de l’enseignement.
Derrière l’image d’une société égalitaire héritée de la Révolution tranquille, le réseau scolaire québécois serait devenu le plus ségrégué au Canada, soutient l’auteur. Dès douze ans, les adolescents sont triés entre le privé subventionné (financé par l’État à hauteur de plus de 780 millions de dollars par année), les programmes publics sélectifs et la classe régulière de l’école de quartier, devenue « le vase d’expansion de toutes les difficultés ». Cette compétition contamine le primaire dès la quatrième année, épuise les enseignants et produit un déterminisme social comparable, selon lui, au modèle américain. S’inspirant des pays scandinaves et de sa jeunesse au Témiscamingue, où tout le monde fréquentait la même école secondaire (qui a pourtant produit médecins, avocats et ingénieurs), Boucher appelle à démanteler cet « apartheid scolaire » et à refonder une école publique véritablement commune.