« L’homéopathie ne fonctionne pas » : le verdict officiel de l’Espagne
Résumé en français de l’article Homeopathy is a placebo and could ‘pose a risk’ to health, Spanish authorities confirm de Pablo Linde, publié par El País (avril 2026).
L’Agence espagnole des médicaments (AEMPS), rattachée au ministère de la Santé, a publié le 21 avril une revue de la littérature scientifique parue entre 2009 et 2026 — uniquement des essais cliniques randomisés et contrôlés chez l’humain. Conclusion : les produits homéopathiques « ne surpassent pas l’effet placebo », il n’existe aucune preuve de leur efficacité pour aucune des affections qu’ils prétendent traiter, et certaines formulations qui contiennent de vrais principes actifs d’origine végétale peuvent même provoquer des effets indésirables. Le rapport n’a aucune portée juridique : les produits restent légaux et vendus en pharmacie, un marché de plus de 30 millions d’euros en 2023.
La ministre de la Santé, Mónica García, n’a pas mâché ses mots : « L’homéopathie ne fonctionne pas. » Beaucoup de ces substances sont si diluées, dit-elle, que c’est « littéralement comme dissoudre un sachet de sucre dans la Méditerranée ». Le vrai danger, selon elle comme selon le médecin Vicente Baos, membre du réseau d’experts de l’Agence européenne des médicaments, n’est pas ce qu’on prend, mais ce qu’on cesse de prendre : la croyance que l’homéopathie aidera pousse des patients à abandonner des traitements éprouvés.
Le rapport s’inscrit dans un programme lancé il y a plusieurs années par le ministère, qui avait recensé 73 pseudothérapies avant que la pandémie n’interrompe le travail. L’homéopathie est la plus établie d’entre elles et celle qui dispose de l’industrie la plus puissante : quelque 10 000 médecins espagnols la recommandent encore en consultation, selon la société d’homéopathie du pays. Pour Baos, c’est la législation européenne elle-même, façonnée par les lobbies, qui empêche de reléguer le sujet « aux livres d’histoire de la médecine ».