340 000 « cobayes » dans 60 pays, dont la France. Le plus grand travail jamais réalisé sur les causes de l’obésité. Des résultats publiés dans « Nature », l’une des revues scientifiques internationales les plus prestigieuses. Et un assourdissant silence. Peut-être parce que sa conclusion est dure à avaler pour l’agroalimentaire. En étudiant tous les gênes dont on soupçonne qu’ils ont une influence sur l’obésité, les chercheurs britanniques, suédois et américains qui ont piloté l’étude se sont rendu compte qu’une majorité (56 sur 97) étaient connectés aux circuits neuronaux qui contrôlent la prise de nourriture.

Autrement dit, l' »épidémie » d’obésité dans les pays occidentaux est due à un système nerveux central qui disjoncte. Et pourquoi disjoncte-t-il? Parce qu’il est assailli par un tas de messages qui l’incitent à manger plus que de raison.

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L’étude parue dans « Nature » pointe aussi l’utilisation massive des exhausteurs de goût. Ces moteurs gustatifs, comme le sel, le gras et le sucre, dont les industriels bourrent leurs produits pour nous en faire manger toujours plus. Sans compter l’assaisonnement chimique : 357 colorants, arômes artificiels, correcteurs d’acidité et autres additifs sont autorisés dans nos assiettes! Et que dire du sucre liquide dans les sodas (60 litres par an et par habitant), qui leurre le cerveau en l’empêchant de comptabiliser les calories avalées…

Le Canard enchaîné – mercredi 22 avril 2015 – 5