Caroline Darian : « Je sais que mon père m’a violée. Je suis la grande oubliée du cas Dominique Pelicot »
Résumé en français de l’article Caroline Darian: “Sé que mi padre me violó. Soy la gran olvidada del caso de Dominique Pelicot” de El Mundo (18 mars 2026), par Sara Polo.

La vie de Caroline Darian a basculé le 2 novembre 2020, quand sa mère Gisèle a découvert qu’elle avait été droguée et offerte pendant une décennie à des dizaines d’hommes par son propre mari, Dominique Pelicot. Le lendemain, on a montré à Caroline deux photographies d’elle inconsciente et à demi-nue, trouvées dans un dossier de l’ordinateur de son père intitulé « Mi hija en pelotas » (Ma fille à poil). Elle est depuis convaincue d’avoir elle aussi été violée par son père. Sous le pseudonyme Caroline Darian — contraction des prénoms de ses frères David et Florian —, elle publie en Espagne son deuxième livre, Para que no se olvide (Pour que l’on n’oublie pas, Seix Barral), à la fois récit du procès, manifeste et cri d’alarme.
Faute de preuves suffisantes, sa plainte déposée il y a un an au tribunal d’Avignon — celui-là même qui a condamné Dominique Pelicot à 20 ans de prison — n’a toujours pas abouti. Elle se dit « la grande oubliée » du procès : « C’était le procès de Gisèle, pas le procès de Caroline. » Depuis sa cellule, son père a refusé de la recevoir et nie toute agression à son égard. « Il est le seul à savoir ce qui s’est passé. Mais je ne suis pas la voisine d’en face, je suis sa fille. Et il est en train de gagner à nouveau. »
Le livre révèle aussi la relation douloureuse avec sa mère, dont elle a été séparée pendant près de deux ans avant de la retrouver le 8 mars dernier. Caroline reproche à Gisèle de ne pas avoir pleinement reconnu qu’elle aussi souffrait — et de vouloir encore rendre visite à Dominique en prison pour obtenir des explications. Via son association M’endors pas, Caroline Darian milite pour une meilleure reconnaissance juridique et sociale des victimes de soumission chimique. « Je porte ça depuis quatre ans. Personne ne me reconnaît comme victime. Même pas lui. Et c’est mon père — il me le doit. »

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