focused girl using computer
| |

Kiddle : le moteur de recherche pour enfants dont personne ne connaît les propriétaires

Résumé en français de l’article A Mysterious Children’s Search Engine Is Misleading Kids d’Ashley Rindsberg, publié par City Journal (mai 2026).

Une fillette devant un écran d’ordinateur
Photo : Pexels

Lancé en 2014, Kiddle se présente comme un moteur de recherche visuel sécuritaire pour les enfants. Son trafic reste modeste à l’échelle du web, mais sa position institutionnelle, elle, est enviable : il remonte haut dans les résultats de Google, ChatGPT le recommande, et l’International Society for Technology in Education lui a donné sa caution. Écoles et bibliothèques l’utilisent. Or personne ne sait qui le dirige : aucun propriétaire, aucun responsable éditorial, aucune équipe n’est divulgué, et le nom de domaine est masqué derrière un service de confidentialité.

Ashley Rindsberg est allé lire ce que Kiddle raconte aux enfants sur la guerre et la politique. L’invasion russe de l’Ukraine y devient une « opération militaire », reprenant la formule du Kremlin; Staline y a bâti une « nation forte et moderne ». Le Hamas y serait né « d’une œuvre de charité islamique », le mot « terroriste » n’apparaissant qu’une seule fois, au bas de la fiche; à propos du Hezbollah, on précise que « la Russie et la Chine ont des vues différentes » sur sa désignation. Les Gardiens de la révolution iraniens y travaillent « à maintenir la stabilité du pays », sans un mot sur la répression des manifestants de 2025-2026. Les articles sur les Ouïghours ne mentionnent ni génocide ni camps; celui sur l’Institut de virologie de Wuhan omet l’hypothèse d’une origine du COVID-19.

S’y ajoutent des questions de gros sous et de marque : Kiddle utilise l’habillage graphique de Google, ce qui suggère un lien avec l’entreprise, et sa politique de confidentialité autorise la publicité personnalisée et le pistage, dont des annonces pour des suppléments et des stéroïdes, difficilement compatibles avec une plateforme scolaire. Rindsberg évoque enfin une possible filière russe dans la propriété du site et une expansion vers l’IA. Sa conclusion : une plateforme s’est glissée dans l’infrastructure par laquelle les enfants apprennent la guerre, la politique et l’histoire, et presque personne ne sait qui décide de ce qu’ils y lisent.

Similar Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *