Dans les années 1920, les adultes s’inquiétaient déjà des ados
Résumé en français de l’article Worried About Teens Today? So Were Adults in the 1920s de Livia Gershon, publié par JSTOR Daily (23 avril 2026).
Les adultes s’inquiètent de voir les ados délaisser les gens qui les entourent au profit des écrans ? Il y a un siècle, rappelle Livia Gershon, on craignait plutôt que l’automobile et les attraits de la ville éloignent les jeunes de la ferme. Elle s’appuie sur un article de l’historienne indépendante Grey Osterud, paru en 2015 dans la revue Agricultural History, consacré à la vallée de la Nanticoke, dans l’État de New York, autour des années 1920.
Une ligne d’autobus créée à l’époque de la Première Guerre mondiale permet alors aux adolescents de fréquenter l’école secondaire à Endicott, en ville, alors que la plupart s’arrêtaient jusque-là après la 8e année. Ils s’attachent davantage aux jeunes de leur âge et organisent leurs propres sorties, plutôt que de suivre les rassemblements familiaux. Les autobus et les voitures leur permettent aussi de travailler en usine tout en rentrant chez eux le soir, et les horaires fixes du travail salarié leur laissent des soirées libres pour les loisirs urbains.
Pourtant, peu d’entre eux quittent la campagne. Certains se sentent méprisés par les citadins : une ancienne élève raconte qu’à l’école d’Endicott, la pire insulte était de traiter quelqu’un de fermier. Les jeunes de la vallée explorent donc la ville entre amis de chez eux et rapportent ses divertissements à la maison, en organisant projections de films, soirées dansantes et pièces de théâtre. Leurs liens restent fondés sur la famille et le voisinage. L’autrice y voit un parallèle avec les ados d’aujourd’hui, dont la vie en ligne enrichit souvent les amitiés bien réelles, au grand étonnement des adultes.