Traînées lumineuses de voitures sur une autoroute la nuit
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Traite sexuelle au Canada : les acheteurs et les trafiquants échappent trop souvent à la justice

Résumé en français de l’article Canada’s Human Traffickers Are Getting Away with It d’Olivia Bowden, publié par The Walrus (4 septembre 2026).

Selon un rapport de Thomson Reuters publié à la fin de juillet, une part disproportionnée des annonces sexuelles en ligne au Canada met en scène des femmes autochtones : près de 3500 annonces de ce type ont été recensées entre 2016 et juillet 2025, et 313 de plus dans la dernière année. Les auteurs ont aussi relevé, dans un forum en ligne, des clients qui s’échangent des conseils pour cibler des femmes autochtones. D’après un rapport national de 2014 souvent cité, les femmes et les filles autochtones représentent environ 5 % de la population canadienne, mais près de la moitié des victimes de traite sexuelle.

En suivant les annonces d’une ville à l’autre, le rapport repère des corridors probablement utilisés par les trafiquants, comme Toronto–Vancouver ou Edmonton–Fort McMurray, et estime que comparer les photos des annonces avec celles de femmes disparues pourrait aider à en retrouver certaines. Il plaide aussi pour qu’on s’intéresse davantage aux acheteurs. Au Canada, acheter des services sexuels est illégal, mais selon Janine Benedet, professeure de droit à l’Université de la Colombie-Britannique, l’application de la loi est inégale d’une région à l’autre et la police intervient souvent trop tard. Les condamnations restent rares : selon Statistique Canada, seulement 10 % des 1281 causes comportant au moins une accusation de traite entre 2013 et 2024 ont abouti à un verdict de culpabilité.

Ottawa a annoncé en juillet 3,35 millions de dollars pour neuf organismes qui soutiennent les victimes. Les auteurs du rapport s’inquiètent toutefois des grands projets d’extraction des ressources, associés à davantage d’agressions sexuelles et de traite selon une revue commandée en 2025 par l’organisme winnipégois EmpowerMen. Par ailleurs, le poste de conseillère principale du gouvernement fédéral en matière de traite des personnes est vacant depuis avril 2026.

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