Cour intérieure ornée d’un symbole du yin et du yang
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Le feng shui n’a rien de scientifique, et il coûte cher

Résumé en français de l’article Feng Shui Is Not Scientific, And It’s Costing Us a Lot of Money de Jonathan Jarry, publié par l’Office for Science and Society de l’Université McGill (1er octobre 2026).

Le feng shui repose sur le qi, une force élémentaire décrite par des penseurs chinois il y a trois ou quatre mille ans, que le vent disperserait et que l’eau retiendrait. Le terme apparaît pour la première fois dans le Livre des funérailles, au début du IVe siècle, et la pratique s’est ensuite divisée en deux écoles : celle des formes, qui étudie le paysage, et celle de la boussole, qui s’appuie sur le luopan et sur des calculs complexes. Pour Jonathan Jarry, le problème est simple : le qi n’a jamais été détecté en laboratoire, et il n’existe ni unité ni instrument pour le mesurer. Il le compare à l’idée du philosophe grec Thalès, pour qui tout était fait d’eau, une hypothèse que la science a depuis longtemps abandonnée.

Cette croyance a pourtant des coûts bien réels. L’auteur rappelle que Disney a dépensé des millions de dollars pour réorienter de 12 degrés l’entrée de son parc d’attractions de Hong Kong, et que le gouvernement de Hong Kong a versé des millions en compensation pour des chantiers jugés nuisibles au feng shui de certains résidents. Il se demande aussi comment on peut évaluer la compétence de consultants « accrédités » dans une force que personne ne peut mesurer. Selon lui, les conséquences peuvent même être tragiques : il estime que le feng shui est en partie responsable de l’incendie d’une boîte de nuit aux Philippines qui a fait 162 morts en mars 1996.

Les preuves scientifiques, elles, sont presque inexistantes : une revue systématique publiée il y a trois ans n’a recensé que 36 études sur le sujet, dont 12 en chinois et 24 en anglais, presque toutes des sondages; les deux seules études expérimentales ont été jugées de piètre qualité. L’auteur reconnaît que certains principes relèvent du bon sens, comme bâtir près de l’eau ou orienter une maison vers le sud pour profiter du soleil, mais il juge inutile d’invoquer une énergie invisible pour les justifier. Les croyances jamais mises à l’épreuve, conclut-il, ouvrent la porte à la fraude et à la manipulation.

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