Ancienne salle d’hôpital aux lits vides, faiblement éclairée
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L’«American Plan» : quand les États-Unis emprisonnaient des femmes soupçonnées d’avoir une ITS

Résumé en français de l’article America’s Forgotten Mass Imprisonment of Women Believed to Be Sexually Immoral de Scott W. Stern, publié par History (27 mars 2019, mis à jour le 30 juin 2025).

Des années 1910 aux années 1950, et à certains endroits jusque dans les années 1960 et 1970, des dizaines de milliers de femmes américaines, peut-être des centaines de milliers selon l’auteur, ont été arrêtées et soumises de force à des examens de dépistage des infections transmissibles sexuellement (ITS) dans le cadre de ce qu’on appelait l’« American Plan ». Celles qui obtenaient un résultat positif pouvaient être enfermées sans procès pendant quelques jours ou plusieurs mois, et recevoir des injections de mercure ou des médicaments à base d’arsenic, alors les traitements courants contre la syphilis. Les femmes jugées indociles pouvaient être battues, aspergées d’eau froide, placées à l’isolement, voire stérilisées.

Le programme est né pendant la Première Guerre mondiale, quand les autorités fédérales ont vu dans les ITS une menace pour les troupes. À partir de 1918, elles ont poussé chaque État à adopter une « loi modèle » permettant d’examiner de force toute personne « raisonnablement soupçonnée » d’être infectée; en 1921, tous les États avaient une telle loi. Neutre sur papier, elle visait presque exclusivement les femmes. L’auteur raconte le cas de Margaret Hennessey, arrêtée en 1919 à Sacramento avec sa sœur alors qu’elles se rendaient au marché : ce jour-là, l’escouade des mœurs a arrêté 22 femmes, dont une seule s’est révélée porteuse d’une ITS.

Selon l’auteur, des archives montrent que des femmes ont été détenues pour avoir mangé seules au restaurant, changé d’emploi ou été vues avec un homme, et souvent sans aucune raison; les femmes racisées et immigrantes étaient particulièrement ciblées. Le programme a bénéficié d’appuis haut placés, dont le maire de New York Fiorello La Guardia et le gouverneur de la Californie Earl Warren. Il a cessé d’être appliqué dans les années 1970, mais les lois qui en sont issues existent encore, sous une forme ou une autre, dans tous les États américains. Scott W. Stern est l’auteur du livre The Trials of Nina McCall.

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