Chien couché dans l’herbe d’un parc à chiens, d’autres chiens jouant derrière lui
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Comment les parcs à chiens ont conquis les villes

Résumé en français de l’article How Dog Parks Took Over the Urban Landscape d’Alissa Greenberg, publié par Smithsonian Magazine (7 janvier 2020).

Le parc à chiens Ohlone, à Berkeley en Californie, est généralement considéré comme le premier parc à chiens municipal au monde. Son histoire commence en 1979, quand des militants de People’s Park, haut lieu de la contestation des années 1960, investissent un terrain dégagé pour la construction du métro régional et y laissent jouer leurs chiens. À l’époque, l’étalement urbain grignote les espaces verts et les règlements obligeant à tenir les chiens en laisse se multiplient. Les usagers lancent une pétition pour obtenir le droit de laisser leurs chiens courir librement, en inventant au passage l’expression « dog park ». Menée par Doris Richards, la mobilisation (pétition, lettres, manifestations et présence massive aux séances du conseil municipal) aboutit en 1983 à la création d’un parc « expérimental » par la Ville de Berkeley.

Doris Richards a ensuite présidé pendant 17 ans l’association du parc, qui recevait tant de demandes de conseils qu’elle a publié une brochure expliquant, étape par étape, comment créer un parc à chiens. En 1990, la région de San Francisco en comptait déjà au moins 25, et Los Angeles, New York et d’autres villes ont suivi. Selon l’autrice, quarante ans après sa création, le parc Ohlone a inspiré quelque 2 000 parcs semblables.

L’article s’intéresse aussi à ce que révèlent ces parcs. Pour la chercheuse Julie Urbanik, ils reflètent l’évolution du rôle du chien, passé de gardien ou d’animal de ferme à membre de la famille, et posent la question de savoir qui a droit à l’espace public. La professeure Heidi Nast, de l’Université DePaul, souligne que ce sont surtout des personnes ayant du pouvoir politique, des revenus et du temps qui décident de leur emplacement : des enquêtes menées à Calgary, au Texas et en Floride ont montré qu’environ 80 % des usagers étaient blancs. Selon elle, les parcs à chiens contribuent souvent à l’embourgeoisement des quartiers.

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