Cercueil en bois entouré de fleurs et de bougies
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La restauration des défunts, un art funéraire en voie de disparition

Résumé en français de l’article A Dying Art de John Semley, publié par Harper’s Magazine (numéro d’août 2026).

En octobre 2025, à Chicago, huit thanatopracteurs ont participé à la première vitrine technique d’art restaurateur organisée au congrès de la National Funeral Directors Association (NFDA). Leur défi : en trois heures réparties sur deux après-midi, redonner une apparence présentable à des têtes en silicone imitant des visages gravement abîmés, à l’aide de cires, de mastics, de fards et de cheveux. Cette spécialité, qui consiste à préparer le visage des défunts pour qu’ils puissent être exposés à cercueil ouvert, remonte à l’embaumement popularisé pendant la guerre de Sécession et aux techniques de reconstruction mises au point au début du XXe siècle par le thanatopracteur new-yorkais Joel E. Crandall. C’est Hannah Bugos, du Dakota du Sud, qui a remporté le trophée.

Selon l’auteur, cet art est menacé. D’après des données de la NFDA, le taux d’incinération aux États-Unis atteint 63,4 % et pourrait grimper à 82,3 % d’ici 2045; environ 40 % des incinérations sont des incinérations directes, sans exposition ni cérémonie. Le coût des funérailles traditionnelles (environ 8 300 $ US en moyenne, contre aussi peu que 795 $ pour une incinération directe), le recul de la pratique religieuse, les effets de la pandémie et la concentration de l’industrie entre les mains de grandes chaînes expliquent en partie ce déclin. Plusieurs artisans disent faire ce travail gratuitement ou à prix réduit, et l’une des concurrentes, Berri Cooper, se dit « presque obsolète ».

L’auteur revient sur la critique de Jessica Mitford qui, dans The American Way of Death (1963), dénonçait les abus de l’industrie funéraire et voyait dans l’embaumement une manière de nier la mort. Il suit ensuite Danielle Colquitt, thanatopractrice à l’Université Georgetown, qui veut redonner vie à la discipline et dont le travail s’inscrit dans la longue tradition des entreprises funéraires afro-américaines. Après l’avoir vue restaurer le corps d’une donneuse de 96 ans, John Semley estime que la disparition de cet art ferait perdre une façon d’honorer les morts.

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