Cônes orange : quand les petits stresseurs urbains pèsent sur le moral
Cônes orange : comment l’accumulation de petits stresseurs urbains influence notre bien-être psychologique, La Conversation (13 octobre 2026), par Emmanuel Stip.
Psychiatre et professeur émérite à l’Université de Montréal, Emmanuel Stip raconte comment une boutade sur la « conophobie » des Montréalais est devenue un sujet de recherche. Après avoir proposé en 2024 le « syndrome de Montréal » dans la revue Santé mentale au Québec, sans prétendre créer une nouvelle maladie, il a publié un cas clinique où la répétition des cônes avait pris une forte charge émotionnelle, jusqu’à un épisode de rage au volant, puis un essai photographique sur la saturation du paysage urbain. Il rappelle qu’en septembre 2025, près d’une artère sur quatre du centre-ville était entravée et que, dans un secteur plus restreint, on comptait 343 cônes contre 232 l’année précédente, même si le nombre d’entraves avait diminué. Dans un sondage mené en mai 2026 auprès de 1 033 adultes, 56,1 % des répondants considèrent que la forte présence de cônes peut constituer, au moins dans une certaine mesure, un enjeu de santé mentale. Pour l’auteur, la bonne question n’est pas de savoir si la conophobie existe, mais à quel moment une adaptation normale à un environnement difficile devient une source importante de détresse : chaque petit stresseur urbain paraît insignifiant, mais leur accumulation peut transformer l’expérience quotidienne, et le cône a la particularité de la rendre visible.