Rosace de vitrail dans une cathédrale
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Pourquoi l’IA ressemble à un leader religieux charismatique

Résumé en français de l’article Why AI resembles a charismatic religious leader de Morgan Shipley, publié par The Conversation (21 septembre 2026).

Selon des données récentes du Pew Research Center, environ un adulte américain sur dix utilise des agents conversationnels d’IA pour obtenir du soutien émotionnel ou des conseils, et un sur cinq chez les moins de 30 ans. Les questions posées ne portent plus seulement sur une recette ou un programme d’entraînement, mais aussi sur le deuil, la souffrance ou le sens de la vie. Pour Morgan Shipley, titulaire de la chaire Foglio en spiritualité à l’Université d’État du Michigan et spécialiste des nouveaux mouvements religieux, l’IA entre ainsi sur un terrain longtemps occupé par les thérapeutes, les guides spirituels et les communautés religieuses. Il ne prétend pas que ChatGPT, Claude ou Gemini soient des religions, puisqu’ils n’ont ni croyances, ni pratiques, ni fidèles, mais propose d’examiner comment l’IA produit de l’autorité, du sens et un sentiment d’appartenance.

L’auteur s’appuie sur la notion d’« autorité charismatique » du sociologue Max Weber, fondée sur la conviction des disciples qu’un chef possède des qualités exceptionnelles. L’IA n’a évidemment pas de charisme au sens humain, mais en répondant presque instantanément, en s’adressant directement à la personne, en tenant compte de sa situation et en se souvenant de ses demandes précédentes, elle peut paraître remarquablement perspicace; des chercheurs parlent de « charisme génératif ». Alors qu’un leader religieux rassemble des disciples qui reconnaissent collectivement son autorité, l’IA deviendrait charismatique une personne à la fois, à la manière d’un gourou personnel. Des plateformes comme GitaGPT, qui offre des conseils tirés de la Bhagavad-Gita par l’entremise d’avatars de Krishna, illustrent cette tendance. Selon l’auteur, l’IA s’accorde aussi avec le « tournant subjectif » décrit par les sociologues Paul Heelas et Linda Woodhead : plutôt que de citer des textes sacrés, les agents conversationnels emploient souvent le vocabulaire de la spiritualité personnelle et du bien-être.

Morgan Shipley conclut que l’IA n’est pas en soi un nouveau mouvement religieux, puisque ses utilisateurs ne se joignent à rien, mais qu’elle crée des conditions propices à l’émergence de nouvelles formes de religiosité, à une époque où de plus en plus de gens ne s’identifient à aucune religion. Il rappelle que les communautés religieuses ont des traditions pour déterminer qui peut guider les autres et qui en porte la responsabilité, alors que des chercheurs mettent en garde contre une « autorité sans imputabilité ». Ce qui rend l’IA historiquement inhabituelle, écrit-il, c’est que la figure charismatique n’a plus besoin de monter sur une scène ni de réunir des disciples : elle peut parler en privé à chacun de nous.

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