Bienvenue dans l’économie du YOLO : vivre maintenant, payer plus tard. La génération de jeunes élevés dans l’hyperconsumérisme de l’ère des médias sociaux entre dans l’âge adulte à une époque d’instabilité économique et existentielle extrême. Sans même avoir un cortex frontal entièrement développé, ils naviguent dans une contradiction fondamentale : les coûts impossibles de l’éducation et du logement les plongent dans le rouge, tandis qu’un marché du travail impitoyable et la stagnation des salaires les y maintiennent. Ils se sentent condamnés à long terme par l’économie, le cycle d’actualités, l’horloge apocalyptique des changements climatiques. Alors, à court terme, ils s’en foutent : ils se font faire la manucure à 80 $, ils s’achètent le Labubu en édition limitée. Ils prennent l’avion pour voir le Eras Tour en Argentine, parce que même avec les billets d’avion et l’hôtel, c’est encore moins cher qu’acheter des billets à Toronto.